8 MARS – JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES : Elles font bouger le café !

Suivant les traces de pionnières qui ont su s’imposer dans un monde très masculin, de plus en plus de femmes poursuivent des carrières dans les métiers du café. Une révolution qui ne fait que commencer.
Expertes, torréfactrices, baristas, productrices, sourceuses, MOF, cheffes d’entreprise, ce sont avant tout des passionnées de café. Aujourd’hui, la filière café qui a longtemps été uniquement masculine tend à se féminiser grâce à des défricheuses.
Lors de la Journée internationale des droits des femmes, nous avons souhaité mettre en avant trois de ces passionnées en leur donnant la parole…

Anne Richard Bellanger – Directrice générale Cafés Richard & Fondatrice des Comptoirs Richard

« L’art de la torréfaction, de l’assemblage et de la dégustation font partie de l’histoire de notre famille depuis 3 générations. Tout a commencé avec mes deux grands-pères, fondateurs des Cafés Richard et des Cafés Ladoux. Le monde du café est très proche du monde du vin dont notre Maison est issue. Terroirs, variétés, récoltes, grands crus… autant d’échanges passionnants qui ont été à l’origine de ma vocation avec le souhait d’y contribuer et de m’y investir pleinement.

Le monde du bar et des bistrots a longtemps été un monde d’hommes et peut-être poussée par l’envie en tant que femme d’apporter une sensibilité différente, j’ai voulu, à mon échelle, contribuer à faire rayonner le café. C’est de là que sont nés les Comptoirs Richard. Les boutiques ont été créées pour les particuliers avec le souhait de partager une expérience. Terroirs confidentiels, assemblages signature inédits, cafés de spécialité, labels bio ou équitables, tous les crus sont torréfiés dans nos ateliers.

Les métiers du café se féminisent. Aujourd’hui nous rencontrons tout au long de la chaîne des productrices, des acheteuses de café vert, des torréfactrices, jusqu’aux restauratrices et à nos « garçonnes de café ».

Je pense que le produit Café est un symbole de la richesse de l’histoire et de la géographie à l’échelle de notre monde. Il est universel mais s’exprime pourtant à travers de nombreux rituels singuliers qui sont propres à chacun. Mes grands-mères le préparaient avec l’emblématique cafetière à siphon Cona. Je l’ai toujours préféré en expresso sur le comptoir ou en terrasse. Mes quatre filles le redécouvrent grâce aux cafetières Chemex et autres méthodes de filtration douces. La passion du café se transmet et se réinvente. »

Anne Caron – Présidente Cafés Caron

Anne Caron est la première femme élue Meilleure torréfactrice de France 2017. C’est une femme de challenges qui baigne dans l’univers du café depuis son enfance puisqu’elle a pris la suite de son père Sylvain.

Passionnée, elle se rend plusieurs fois par an en pays producteurs, à la rencontre de ceux qui cultivent avec amour le café. Une occasion de partages unique avec les producteurs et les populations locales mais aussi de concrétiser les projets à vocation sociale et environnementale qui lui sont chers : construction d’écoles, de dispensaires, de systèmes d’irrigation, d’entrepôts de stockage du café…

Agronome et diplômée en biologie, elle défend un café engagé, produit dans une démarche durable et dans le respect des pays producteurs.

 « La torréfaction est autant une technique qu’un art ; Il y a une grande part de féminité. Elle demande de la précision, du goût, de l’odorat, mais aussi de l’intuition, de la finesse et de la sensibilité … ».

Daniela Capuano – Torréfactrice, Meilleur Ouvrier de France 2019 catégorie Torréfacteur, Torréfactrice

« On peut presque dire que je suis née dans un champ de café, en effet, quand j’étais petite fille, je passais toutes les vacances scolaires chez mes grands-parents qui étaient producteurs de café à Três Pontas (surnommée Terra do Café par les brésiliens). J’adorais séjourner à la ferme au moment de la récolte car ils nous laissaient jouer avec mes cousins et ma sœur dans le patio où les cerises de café étaient mises à sécher.

Pendant mes études, j’ai eu l’opportunité d‘exercer le métier de barista. A la faveur de voyages et de découvertes j’ai participé à de nombreux championnats. Ce qui m’a naturellement donné envie de me former à la torréfaction. En 16 ans d’aventure caféinée, j’ai torréfié plusieurs tonnes de cafés verts, de toute provenance du plus rare au café dit de commodité. Si je me rêve globe trotteuse du café, je suis en tout premier lieu une passionnée !

Le monde du café, comme d’autres d’ailleurs, est encore très masculin. En effet, ce sont les hommes qui sont souvent à la tête de poste à responsabilités, que ce soit du producteur jusqu’à la tasse.
Mais de plus en plus de femmes se font une place avec éclat, là où il y a la prise de décisions. Et ce qui me rend heureuse, en tant que passionnée, c’est de voir que la présence accrue de la femme dans la filière café rend celle-ci de plus en plus créative, inclusive, et résiliente.  Le monde du café ne pourra que devenir plus riche de cette diversité.
En tant que femme, je crois qu’il est essentiel de pouvoir se projeter… J’espère que mon titre ouvrira la voie à d’autres jeunes femmes et leur donnera envie de se lancer dans des concours comme celui des Meilleurs Ouvriers de France. »